Historique de l'association

Désireux de participer au développement de leur village malgré leur départ pour l’étranger, de nombreux Thilognois ont décidé de s’unir dans le cadre d’une association qui, par le dynamisme et la vive mobilisation de ses adhérents, a connu un important essor au fil des années.

A- des origines de T.A.D…

1. De « l’Amicale » à l’A.R.S.T.F
 L’Amicale des Thilognois

A l’initiative de sept sénégalais installés en France, « l’Amicale des ressortissants de Thilogne », formée le 5 mars 1968, a donné naissance, le 25 décembre 1985, à l’actuelle structure.

Les objectifs premiers de l’Amicale étaient principalement des actions de solidarité et d’entraide entre les membres en France. Sa première action a eu lieu en 1978 soit dix ans après sa création. Puis, l’arrivée massive de Thilognois en France, après les premières années de sécheresse, a beaucoup influé sur les nouvelles orientations de l’amicale : l’aide au développement est devenue un objectif prioritaire.
 L’ A.R.S.T.F

 

En 1985, l’Amicale s’est transformée en « association-loi 1901 » baptisée « Association des Ressortissants Sénégalais de Thilogne en France ». Ses orientations et ses objectifs sont plus clairs et mieux définis. Le temps et l’action servant d’expérience, les membres du bureau suggèrent à l’assemblée générale de changer le nom de l’association pour lui donner une appellation courte et significative, à l’image de sa nouvelle orientation.

2. De l’A.R.T.S.F à T.A.D
 Du désir de contribuer au développement de Thilogne...

En tant que « Ressortissants », nous avons tenu à contribuer au bien-être de notre commune natale et de sa population, amélioration profitant de plus aux villages environnants. Nous sommes convaincus que le développement de Thilogne est et sera, avant tout, l’œuvre de ses propres fils. Ces derniers doivent être les premiers à montrer l’exemple puis de convaincre les autres de la pertinence de leurs actions de développement.

Concernés au premier plan par l’avenir de leur terroir, de la situation économique et sociale de leur pays, enrichis par l’expérience de leur séjour à l’étranger (autres pays d’Afrique, Europe, Etats-Unis), les expatriés de Thilogne se sont toujours efforcés, depuis plus de trente ans, d’apporter leur contribution au développement de leur village.

Refusant de baisser les bras, de céder à la fatalité, les Thilognois et les Thilognoises se mobilisent et agissent comme de vrais acteurs de développement, soucieux d’une coopération Nord-Sud sans démagogie, sans arrière-pensées, une coopération s’articulant autour d’un « vrai partenariat » pour déboucher sur de « véritables échanges », sociaux, économiques et culturels.

 ... à la réalité : création de T.A.D

En 1991, l’association change une nouvelle fois de nom et devient Thilogne Association Développement.

T.A.D : trois mots, trois initiales qui énoncent d’emblée le lieu (d’intervention), l’acteur (l’outil et cadre de travail) et l’action (à mener, l’œuvre à accomplir).

Pour cela, environ 250 adhérents à ce jour, tous bénévoles, cotisent chaque mois, T.A.D bénéficiant aussi de dons de personnes morales et physiques.

Ainsi constituée, T.A.D s’est attachée à convaincre les autres ressortissants de Thilogne installés partout à l’étranger mais aussi les thilognois vivant à Thilogne et à Dakar, de fonder leur propre association pour participer, eux-aussi, aux actions de développement menées au village.

B- …a son épanouissement

Tous, hommes, jeunes, femmes, sur place ou à l’étranger, se sont investis d’une mission de développement en faveur de leur village.

1. Mobilisation sur place

T.A.D Sénégal comprend deux sections : T.A.D Thilogne et T.A.D Dakar. Elles portent le nom pulaar, langue locale, “Bural” qui signifie « développement ».

L’existence de telles sections est incontournable pour toutes les actions à mener à Thilogne. Elles coordonnent, gèrent et suivent sur place les projets jusqu’à leur terme.

Puis, les actions de sensibilisation lancées par T.A.D France ont porté leurs fruits en d’autres lieux et auprès d’autres générations de Thilognois.

2. Prolongement à l’étranger
 T.A.D-Etats-Unis

Créée en 1995, cette association compte plus de 200 membres.

Elle a, depuis, participé financièrement à l’ensemble des actions réalisées à Thilogne.

A l’image de T.A.D-France, elle axe principalement son action en faveur du développement de la commune.
 T.A.D-Gabon

Créée en 1997, elle participe, elle aussi, au financement de tous les projets.

Ses représentants se déplacent pour assister aux rencontres inter-associations et participent aux prises de décisions concernant les actions à réaliser à Thilogne et leur ordre de priorité.

 T.A.D-Italie

Cette section est la dernière créée, les ressortissants de Thilogne en Italie (environ une vingtaine) s’étant réunis en « association-loi 1901 » en décembre 1999.

Comme les autres sections, T.A.D-Italie s’inscrit déjà dans les projets à venir : journées culturelles, la maison de Thilogne, etc…

3. Extension à de nouvelles générations

a. T.A.D-jeunes

Cette section a été créée en 1998 à l’initiative de jeunes, garçons et filles, issus de l’immigration thilognoise en France (soit la seconde génération), tous décidés à se mobiliser, organisant manifestations et journées portes ouvertes pour faire connaître leur association, leur pays et leur culture d’origine.

De nombreuses sections ont ainsi vu le jour, dans la région parisienne, mais aussi à Orléans, à Dreux, dans les Vosges.

Comme pour la première génération que sont leurs parents, l’aide au développement économique, social et culturel de leur pays d’origine est une priorité de leur association.

b. Implication des Femmes
 A Thilogne

Un projet de chantier-coopération entre de jeunes élèves en difficultés en France et les Thilognois, autour de la construction, au village, de « la maison des Femmes » a été à l’origine de la mobilisation des femmes, jusque là restées témoins des actions de leurs maris.

Afin de suivre la bonne marche de ce chantier, dont elles sont les premières bénéficiaires, les femmes sur place, ont fondé, en janvier 1999, un Comité de Gestion du Projet, nommant une coordinatrice et des responsables, ouvrant un compte postal, fixant le taux de cotisation devant servir au financement du chantier.

Actives depuis la préparation, elles ont durement participé à la construction du bâtiment, s’organisant maintenant pour son fonctionnement.

 En France

Spontanément concernées et solidaires de ce projet destiné d’abord aux femmes de la commune, les Thilognoises en France ont, elles-aussi, décidé de se regrouper, en avril 1999, autour de l’« Association pour la Promotion et l’Intégration des Femmes de Thilogne en France » (A.P.I.F).

Elles ont nommé un bureau, fixé un taux de cotisation mensuel, arrivant ainsi à participer à hauteur de 6 000 francs français au financement de la « Maison des Femmes » à Thilogne.

Trouvant dans ce projet l’occasion de devenir actrices du développement de leur village, comme le font depuis longtemps leurs maris, elles ont choisi de se fédérer autour de valeurs comme l’intégration en France pour elles et leurs enfants, la meilleure connaissance de la culture et du pays d’origine par leurs enfants.

4. Création d’une nouvelle section en France

Pour renforcer le soutien apporté par T.A.D France dans le cadre de la construction du centre socioculturel des femmes à Thilogne, une nouvelle section a été créée sur le département de l’Essonne en avril 1999 : Thilogne Association Développement Section Essonne (t.a.d.s.e).

Cette section a notamment servi de support financier, le chantier-coopération réunissant deux classes-relais du département de l’Essonne.

Ainsi, grâce à la collaboration étroite et sans relâche des initiateurs du projet et de l’ensemble de la population sénégalaise, en France et sur place, soutenu par T.AD, cet échange culturel s’est avéré riche d’enseignements pour tous les participants.

La ferme volonté des uns et des autres à parvenir à la réalisation de ce projet a permis de trouver les financements nécessaires (coût total de 278 000 FF) obtenus auprès de divers partenaires, tous convaincus de la pertinence autant culturelle qu’éducative d’une telle action de solidarité internationale.

Dix jeunes en difficultés scolaires, voir sociales, se sont mobilisés durant l’année scolaire, participant aux démarches et recherches de financement. Durant leur séjour de trois semaines

(du 23 juin au 13 juillet 1999), ils ont durement travaillé, encadrés par des artisans professionnels, aux côtés des femmes du village pour la construction des fondations du bâtiment.

Après leur départ, les femmes ont continué à offrir leur main d’œuvre aux artisans.

Au mois de décembre 2000, les travaux de maçonnerie sont terminés, les autres corps de métier prenant le relais.